Revue de presse diffusions TV
Télérama (mercredi 21 avril 2010)
Personne ne l’a jamais vu, mais tous les amateurs de comics américains veulent y croire. Ultime opus de l’éphémère et néanmoins mythique magazine Marvel, jamais mis en vente, le numéro 14 est devenu une sorte de Graal pour les collectionneurs. Derrière cette accroche façon polar, Philippe Roure et Jean Depelley déroulent
un fil qui, lui, n’a plus rien d’anecdotique.
L’histoire de cette publication, qui fut la première à faire connaître en France
Spider-Man, les X-Men, Iron Man et Daredevil, se confond en effet avec celle de la censure et de son bras armé, la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l’enfance et à l’adolescence. Créée dans l’immédiat après-guerre, noyautée par des bigots et des communistes purs et durs, cette commission - qui existe toujours - est à cette époque le nec plus ultra de la bien-pensance. Suppôts du capitalisme, considérés comme « extrêmement nocifs » et « portant atteinte à la dignité humaine » (sic), les superhéros de Marvel Comics sont en butte à toutes les tracasseries. Pour continuer à faire paraître leurs aventures, notamment dans Strange, Lug, le petit éditeur français se résout à créer un atelier chargé d’expurger les BD originales, en gommant toutes les onomatopées ! Des petits arrangements
qui dureront jusqu’au début des années 90, mais n’empêcheront pas, une décennie plus tard, le triomphe hollywoodien des héros aux superpouvoirs.
Stéphane Jarno
Télé 7 jours (mercredi 21 avril 2010)
A la recherche de la BD perdue
Difficile de croire que Spider-Man, Iron Man, emblèmes de la lutte du Bien contre le Mal, ont été censurés en France pour cause de mauvaise influence sur la jeunesse. Pourtant, les versions françaises des comics américains étaient retouchées dans
les années 60 et 70 : onomatopées gommées, explosions effacées, combats edulcorés. Sur papier, Zorro et Flash ont carrément perdu leurs masques, car se masquer c’est mentir ! Raconté comme un polar, le documentaire montre ces anciennes images surprenantes au fil d’une enquête sur le Marvel 14. Quésaco ?
En mars 1971, Marvel, un magazine de BD, est interdit à la vente aux mineurs,
il s’arrêtera au n°13. Un chiffre de mauvais augure ? Les afficionados, eux, restent persuadés que le numéro 14 existe sous le manteau. Vrai ou faux ? Réponse ce soir avec de vrais super-héros de l’investigation.
Isabelle Magnier
Le Monde (supplément TV du 24 avril)
Voici une enquête qui parle de comics et a toutes les apparences d’en être un. Philippe Roure et Jean Depelley racontent au sein d’une soirée consacrée aux super-héros à l’occasion de la sortie d’« Iron Man 2 », l’histoire mythique de numéro 14 du magazine Marvel. Interdit à la vente aux mineurs en mars 1971 par la commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à la jeunesse (créée en 1949 par des parlementaires catholiques du MRP et du Parti communiste, soucieux de défendre les titres pour jeunes face au déferlements des comics), Marvel 14 est devenu une sorte de Graal. Le numéro est toujours recherché par ses fans (...) Entre coups de Jarnac politiques, faillite, incendie, numéro pirate et vol de maquettes, cette enquête a le mérite de glisser en toile de fond un résumé historique de la BD « made in USA » des années 30 à 60, des « pulps » aux comics, avec ses héros devenus éternels.
Yves-Marie Labé
Les Inrockuptibles (28/04/2010)
Libération (sélection TV du 28/04/2010)